|
Né à Honfleur en 1824, élevé au Havre, Eugène Boudin entretiendra toute sa vie des relations très fortes avec la Normandie, et plus particulièrement avec le Pays d'Auge. Papetier au Havre et artiste amateur, il demande des conseils à ses clients, Millet, puis Troyon et Couture. C'est à Honfleur que le peintre débutant rencontre les premières personnalités qui marqueront sa carrière : Baudelaire et Courbet. Tout près de Honfleur, à la ferme Saint-Siméon, auberge réputée pour la beauté de sa vue panoramique sur l'estuaire de la Seine, il côtoie les peintres de l'école de Barbizon. Soucieux de capter les subtiles et rapides variations lumineuses propres à l'estuaire de la Seine, Boudin créé une oeuvre lumineuse où l'eau et le ciel occupent la totalité de la toile. C'est lui qui, au Havre, initiera le jeune Monet à l'art du paysage sur nature. Jamais Boudin ne délaisse la Normandie. Il conserve dans cette région des liens privilégiés, familiaux ou amicaux. Chaque été, Boudin séjourne à Trouville et la représentation des citadins s'adonnant aux plaisirs des bains de mer fera la réputation du peintre. Amoureux des côtes, il visite à plusieurs reprises Étretat, Fécamp, Dieppe ou Saint-Vaast-la-Hougue. Dans la vallée de la Touques, il peint les vaches, en tâches colorées et abstraites sur fond de pâturages. Malade, sachant que ses jours sont comptés, il se fait transporter de Paris à Deauville, pour contempler une dernière fois la mer, depuis sa maison construite près de la mer. C'est là qu'il s'éteint en 1898. 89 oeuvres (peintures et dessins) sont exposées au musée Eugène Boudin. Elles côtoient celles des peintres du 19ème siècles qui ont été inspirés par la ville et la campagne environnante.
|